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Les Études Techniques pour Cornet de Herbert L. CLARKE

La méthode de Herbert L. Clarke « Études Techniques pour le Cornet » est certainement un « must » pour tous les instrumentistes de la famille des cuivres.

Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui fait que les études techniques de Clarke, datant de 1912, sont encore d’actualités presque 100 ans plus tard ?

Dans cette méthode, Clarke attaque à lui seul la grande majorité des problèmes techniques rencontrés par les joueurs de cuivres et notamment:

  • la technique des doigts
  • le simple, double et triple détaché
  • la coordination doigt / langue
  • le développement de la tessiture
  • la maîtrise de votre jeu
  • la souplesse
  • la résistance et l’endurance

Les Études Techniques pour Cornet de Herbert L. CLARKE

On pourrait dire que la méthode Clarke, si elle est pratiquée correctement, nous donne de nombreux outils techniques nécessaires à la réalisation du réel objectif du jeu d’un trompettiste, c’est à dire : de faire de la musique.

Alors, quels sont les ingrédients magiques des études techniques de Clarke qui permettent de travailler toutes ces facettes d’un jeu des instruments de la famille des cuivres ?

La réponse à cette question est: tout et rien

Qu’est-ce que je veux dire par là ?

Eh bien, pour citer Claude Gordon, un ancien étudiant de Clarke, « c’est COMMENT vous pratiquez qui compte ».

Et assurément, avec les Clarke, c’est certainement comment vous pratiquez qui fera une amélioration de votre jeu de trompettiste.

Le conseil pratique de Clarke le plus important est celui qui est le plus souvent négligé. Clarke affirme « pratiquez doucement, comme un murmure » (« practise softly, in a whisper »). Afin de le souligner, chacune des études sont marqués « pp ».

Cependant, tant de joueurs de cornet, trompette et autres instrumentistes de la famille des cuivres sont pris en flagrant délit de Forté en débitant « Clarke # 2 » avec une nuance bien au-dessus d’un « murmure ». Je le rappelle, le conseil pratique de Clarke le plus important est celui qui est le plus souvent négligé.

En plus de ça, les études Clarke sont souvent jouées trop vite pour que l’on puisse agrémenter ces exercices de musicalité.

Tout simplement, un «Clarke # 2 » joué Forté et bien au-delà d’un tempo raisonnable, veut dire en général « Coucou ! Regardez-moi ». Très peu d’avantages sont tirés de cette manière de jouer et le trompettiste a tendance à ignorer (et dans certains cas à ne pas le remarquer du tout) les défauts mineurs ou majeurs engendrés de justesse, intonation, précision et ainsi de suite…

« Comme un murmure »

Clarke affirme « pratiquez comme un murmure ». Au commencement, toutes les études doivent être d’abord jouées lentement, jusqu’à que celles-ci deviennent faciles. C’est difficile et fatiguant à travailler au début, mais les promesses d’une ténacité de travail sont bien plus méritantes et bénéfiques que de garder l’ego initial d’un jeu hasardeux.

Donc, que ce passe t’il physiquement quand nous jouons doucement (pianissimo) ?

Les muscles du visage et des lèvres deviennent plus forts, plus équilibrés et dans le même temps, les lèvres apprennent à contrôler le buzz et la fermeture des lèvres (ou l’ouverture). L’aigu et l’endurance sont améliorés dans un délai relativement court. Ce qui est intéressant et incroyable, c’est que la pratique du Pianissimo « pp » rend le jeu du Fortissimo « ff » plus facile. Votre son devient plein à la dynamique forte et en plus, les limites de votre tessiture augmente de façon spectaculaire.

Tout avec modération

Naturellement, notre jeu de trompette est souvent mieux exécuté avec modération. Un conseil pour intégrer les études techniques de Clarke dans votre travail quotidien: préférez-les à la fin de votre session de travail de la matinée ou du jour. Comme chaque étude contient de nombreux exercices, il peut être intéressant d’en prendre seulement une ou deux par jour et de les pratiquer « comme un murmure », et bien entendu lentement au début. Lorsqu’ils sont utilisés de cette façon, les études Clarke peuvent être un excellent exercice de détente et de recentrage pour vos lèvres et peuvent vous aider à préparer votre jeu du lendemain.

Quelles sont vos réflexions sur la pratique pianissimo, et sur les études techniques de Clarke ?

Un commentaire

  1. Laurent C. (Val de Marne)

    Bonjour Laurent,

    Je vous remercie beaucoup pour tous les conseils bien utiles de votre site et je souhaite apporter mon témoignage sur le sujet : la pratique pianissimo.
    J’ai fait un an de trompette avec un professeur il y a cinq ou six an mais ne pouvant travailler régulièrement et pas suffisamment conseillé je jouais plutôt fort pour « compenser » et je ne suis pas parvenu à étendre ma tessiture au delà du LA 2e interligne de la portée sans m’épuiser.
    J’ai tout arrêté au bout d’un an mais au début de cette année 2016 l’envie m’a vraiment repris, aussi je me suis racheté une trompette et j’ai donc recommencé en février, seul, car les inscriptions en école de musique ne reprennent qu’au mois de septembre.
    Suite à plusieurs conseils avisés trouvés sur internet je considère mes progrès considérables depuis février car aujourd’hui je parviens à monter jusqu’au FA du haut de la portée, et notamment grâce à ce formidable conseil qui consiste à TRAVAILLER EN JOUANT PIANISSIMO.
    Comme vous le préconisez sur cette page et dans vos « 14 Secrets pour améliorer votre jeu de trompette » le fait de jouer fréquemment mais en sachant faire des pauses aux bons moments et le fait de vraiment chercher à POSER LES SONS en jouant PIANISSIMO, et en cherchant à les ARRONDIR le plus possible, c’est vraiment un conseil en or pour ceux qui cherchent à monter dans les aigus sans se blesser.
    L’effet que je ressens en travaillant ainsi est qu’en cherchant à arrondir et à tenir la plus haute note que l’on est capable de sortir à un instant donné, non seulement améliore notre jeu de cette note mais nous prépare aussi à la capacité de jouer la note suivante dans l’aigu (par demi ton successif).
    Cette nouvelle note ne sortira pas aussi joliment que la précédente au début mais on aura pour le moins une réelle capacité à la jouer sans effort surhumain, sans avoir à surjouer et sans risque de se blesser surtout.
    Par conséquent travailler pianissimo est pour moi hyper bénéfique, pour ne pas dire incontournable, même si cela ne fait pas tout.